Celle que je ne serai plus jamais

Ce n’est plus un secret pour personne. Je suis désormais “divorcée”. Ce mot sonne encore brutal, amer, me pique les doigts quand je l’écris et pourtant, le renouveau qu’il m’apporte me donne le sentiment de vivre pour moi, pour elle.

Je suis changée à jamais.

Différente de celle que j’ai été ces dernières années. Mais peut-être suis-je enfin moi finalement.

Le changement ne s’est pas fait en un claquement de doigt. Aujourd’hui encore, petit à petit, j’évolue et je me rends compte de ce que je ne veux plus accepter. Les relations de longue durée laissent des séquelles. Bien plus que je ne l’aurais imaginé.

J’ai le droit ! 

J’ai le droit de dire non. Et je ne le comprends que peu à peu.

J’ai le droit d’être de mauvais poil et de ne pas avoir peur d’être larguée pour autant.

J’ai le droit d’avoir envie de m’empiffrer d’un buffet à volonté et de me mettre une tamponne jusqu’à danser sur du Beyoncé sans subir de jugements.

On apprend encore trop aux femmes à sourire et à ravaler ce qu’elles veulent vraiment pour plaire au plus grand nombre. 

J’ai aussi et surtout le droit d’être une Maman louve qui choisit de guider sa fille en l’entourant d’amour sans qu’on me rétorque que j’en fais des caisses et que je vais la transformer en une version moderne de Louis XIV.

Plus que jamais, je suis une louve.

Une louve qui apprend à vivre des moments sans elle quand elle est chez son Papa. Une louve qui doit gérer les mille émotions que provoquent tous ces changements de vie pour son bébé loup. Une louve qui parfois a l’impression de crouler sous une pression dingue qu’elle doit gérer seule.

Petit à petit, on prend nos marques. On retrouve un équilibre. Je réapprends l’amour sincère et sans jugement, où le dialogue construit et où mes angoisses ne doivent plus rester secrètes. Elle découvre un mode de vie plus rural, que j’avais envie de lui faire découvrir depuis longtemps quand on y pense.

C’est loin d’être un long fleuve tranquille tous les jours…

Petit Citron teste encore ses nouvelles limites. Heureusement, j’ai toutes ces épaules solides autour de moi sur lesquelles je peux me reposer quand les nerfs craquent. Des épaules sincères. Car, comme on le dit souvent, c’est dans ces moments là qu’on découvre qui reste et qui s’en va. Qu’on s’étonne de ceux pour qui vous devenez subitement un poids. Des “On t’avait prévenue“, “On l’a toujours su“,…

J’ai mis du temps à écrire cet article. Parce que je me demandais si ça valait la peine d’étaler tout ça sur la toile. Et puis, je me rends compte que les témoignages m’ont été utiles pour comprendre les coups de mou, pour me rassurer sur ma nouvelle façon de gérer ma maternité en solo, de me rassurer sur mes nouveaux choix de vie.

Le chemin sera encore long et sinueux, mais aussi ensoleillé et rempli de joie. Parce qu’aujourd’hui, je préfère voir le monde à travers les yeux d’une enfant de 4 ans plutôt que de les analyser avec les miens. Les paillettes et les marqueurs roses fluo, c’est beaucoup plus joli.

Finalement, je l’aime bien celle que je suis devenue et que je deviendrai encore.

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